
Le Tribunal Suprême déclare nul l'article qui annule le permis de résidence temporaire en Espagne en cas d'absence de plus de six mois
4 Noviembre, 2025
Le règlement des étrangers dans son article 162 stipule que les autorisations de séjour temporaire sont révoquées, entre autres, pour la raison suivante :
(...)2. L'autorisation de séjour temporaire est révoquée par décision de l'organisme compétent pour sa délivrance, conformément aux procédures prévues par la réglementation en vigueur pour les procédures d'octroi, de modification et de révocation des autorisations, lorsque la présence de l'une des circonstances suivantes est constatée :
e) Lorsqu'une personne reste à l'extérieur de l'Espagne pendant plus de six mois sur une période d'un an.
Cependant, la Chambre du Contentieux Administratif de la Cour Suprême a statué que cet article du Règlement de la Loi sur les étrangers, qui permettait au gouvernement d'annuler les autorisations de séjour temporaire et de travail des étrangers, est totalement invalide.
Cet article représentait une difficulté majeure pour de nombreuses personnes qui, pour diverses raisons, avaient besoin de s'absenter temporairement du pays où elles vivaient et travaillaient. Tout imprévu ou manque de connaissance de la réglementation pouvait entraîner la perte des documents de séjour, de l'emploi et les exposer à une situation administrative irrégulière.
Qu'est-ce qui a provoqué ce changement ?
La Cour Suprême, dans un arrêt du 5 juin, a donné gain de cause à une citoyenne iranienne à qui la Sous-préfecture du gouvernement à Gérone a révoqué le permis de résidence temporaire et de travail en 2019 en raison de son absence du pays pendant un an. La femme avait subi une intervention chirurgicale en Turquie et en avait programmé une autre, avec la période de convalescence correspondante, ce qui l'a contrainte à rester hors d'Espagne. Elle ne l'a pas justifié comme un cas de force majeure et le gouvernement a suspendu ses permis et l'a contrainte à quitter le pays dans les 15 jours. Malgré avoir fait appel de cette décision, à la fois le Tribunal administratif n°3 de Gérone en première instance et la Cour supérieure de justice de Catalogne en deuxième instance ont confirmé l'avis de la Sous-délégation du gouvernement sur ce point. Cependant, après quatre ans, la Cour suprême a annulé la décision de la Sous-délégation du gouvernement. Dans ce cas, la Haute Cour ne se prononce pas sur la légitimité de la raison pour laquelle la femme s'est absente du pays. Ce que la Cour suprême considère comme contraire à la loi est l'article 162-2º-e) du Règlement de la Loi Organique 4/2000, qui traite des droits et libertés des étrangers en Espagne et de leur intégration sociale. Selon ce jugement, l'article restreint le droit fondamental de libre circulation des citoyens étrangers résidant temporairement en Espagne. Le Tribunal estime que cette limitation ne peut être appliquée que par une norme ayant force de loi, et non par un règlement, comme cela a été le cas pendant des années.

